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Participation > Appel à communicationsLes différents territoires du continent africain témoignent de la diversité des patrimoines matériels et immatériels qui reflètent l’histoire des civilisations antérieures, l’organisation des sociétés ou encore l’exploitation des ressources disponibles localement. En effet, en se référant à une conception essentialiste de la notion du patrimoine (Givre & Regnault, 2015), nous pouvons l’aborder comme un « déjà-là » qui possède une sorte d’essence au-delà de sa simple unité géographique (Davallon, 2016), et qui se définit par la spécificité de sa constitution. Les éléments du patrimoine détiennent un ensemble de valeurs attribuées par des collectifs et deviennent, suite à un changement de statut, dignes de se transmettre dans le temps et dont la perte est jugée inacceptable (Di Méo, 2007). Sans réduire la notion de patrimoine à quelques idées préconçues, tels que: monuments anciens, objets muséaux ou vestiges du passé, lorsque nous l'évoquions dans tous ses aspects, qu’ils soient naturels et culturels, matériels et immatériels, plusieurs images peuvent venir à l’esprit : architecture, tissu urbain, paysages anthropiques, sites naturels, pratiques culturelles immatérielles ou objets, etc De nos jours, le leg exceptionnel du passé connaît des destinées différentes, qui oscillent désormais entre la préservation, la marginalisation et la désuétude (Skounti, 2010). Certains font l’objet de soins jaloux et de sauvegarde permanente de la part des autorités et des communautés locales. D’autres ne reçoivent pas d’attention et demeurent souvent délaissés et menacés en l’absence d’intervention, alors que, paradoxalement, ils semblent intéresser et émerveiller le regard exogène (Givre & Regnault, 2015). Face à tous les défis de la conservation, de la transmission et de la valorisation de ces trésors, et dans un monde en constante évolution, les technologies numériques offrent de perspectives inédites (Dzidonu et al., 1998). Ceci n’est pas du tout nouveau car le numérique s’installe au cœur du champ patrimonial depuis quelques décennies et les outils numériques sont en capacité d’offrir de nouvelles possibilités d’accessibilité, de compréhension et de se renouveler au rythme des avancées contemporaines dans un cadre pluridisciplinaire et interdisciplinaire. Progressivement, de nouvelles solutions créatives et innovantes puissantes et inégalées émergent pour l’étude et la valorisation des aspects et catégories de patrimoines. La numérisation par la capture 2D/3D, la photomodélisation, la cartographie par projection et traitement d’images, la création d’expériences de visite immersive, innovent les moyens actuels et offrent de nouvelles perspectives passionnantes pour la conservation, la transmission et la valorisation des patrimoines culturels du continent (Mesui et al., 2019 ; (Mutsvairo et al., 2021). Bien que certaines communautés africaines aient initialement résisté au changement technologique, la connivence entre patrimoine et numérique gagne du terrain dans de nombreux pays (Mesui et al., 2019). Avec l’accessibilité grandissante des technologies numériques, il devient primordial et décisif d’évaluer le potentiel transformateur dans le champ patrimonial et d’identifier les défis et les opportunités qui en découlent. A cet égard, de nombreuses initiatives ont vu le jour à travers l’Afrique, démontrant le rôle crucial que peuvent jouer les technologies numériques dans la préservation et la valorisation du patrimoine culturel. Par exemple, dans des musées d’arts traditionnels et d’ethnologie, il y eut le recours à l’enregistrement numérique pour capturer les célébrations traditionnelles, craignant que ces rituels ne se perdent avec le temps (Papangelis et al., 2016). En Tunisie, le musée de Bardo a repensé ses scénographies d’exposition actuelles en proposant des expériences plus immersives et éducatives avec l’application « Bardo-Up » de la réalité augmentée qui permet de visualiser virtuellement une large collection de sculptures et mosaïques romaines présentes dans le musée. En somme, au-delà de la simple préservation, les technologies numériques offrent également de nouvelles possibilités de valorisation et de diffusion des cultures africaines (Dzidonu et al., 1998; Lawson, 2024).
Axes thématiques À l’heure où le numérique transforme en profondeur les sociétés contemporaines, le patrimoine africain, riche de sa diversité culturelle et historique, se trouve confronté à des opportunités mais également à des défis inédits. Questionner le rapport entre patrimoine et numérique s’inscrit dans un débat d’actualité au sein des études recherches sur le patrimoine. Ce colloque se propose d’explorer les multiples facettes de l’interaction entre le numérique et le patrimoine en Afrique, en mettant l’accent sur les partages d’expériences, les défis rencontrés et les perspectives. Les axes d’intervention que nous proposons permettront d'aborder la thématique générale de ce colloque sous plusieurs angles, offrant ainsi un panorama riche et diversifié des enjeux liés à la transition du patrimoine africain vers l'ère numérique. Axe 1 : Conservation numérique et sauvegarde du patrimoine Cet axe explorera les technologies numériques au service de la conservation des objets et des archives patrimoniales. Il s'agira de réfléchir aux outils existants (numérisation 3D, bases de données, plateformes d'archivage), mais aussi de questionner l’adaptation de ces outils aux réalités africaines. Comment garantir la pérennité numérique du patrimoine dans des contextes de ressources limitées ? Quel rôle pour les institutions patrimoniales locales et les communautés dans ces processus ? Axe 2 : Valorisation et médiation numérique du patrimoine La médiation numérique est un levier crucial pour rendre le patrimoine accessible au plus grand nombre, y compris au-delà des frontières physiques. Cet axe se penchera sur les différentes formes de valorisation numérique (expositions virtuelles, applications mobiles, plateformes collaboratives, réalité virtuelle et augmentée, cloud), avec une attention particulière aux innovations africaines. Les questions de visibilité, d’appropriation culturelle, et d’accès pour les communautés locales seront au cœur des discussions. Axe 3 : Circulation des savoirs et numérisation collaborative Dans un contexte où les pratiques numériques favorisent la collaboration et le crowdsourcing, cet axe étudiera comment les institutions africaines peuvent mobiliser ces outils pour enrichir et partager leurs collections. Le rôle des communautés locales dans la documentation de leur propre patrimoine, ainsi que la contribution de la diaspora, seront des points d’intérêt, en prenant en compte des exemples concrets de plateformes comme Afrik'Ifa (https://afrikifa.net). Axe 4 : Défis éthiques et juridiques des technologies numériques dans le patrimoine L’intégration des technologies dans le domaine patrimonial soulève de nombreux défis éthiques et juridiques. Cet axe abordera des questions telles que les droits d’auteurs sur les objets numérisés, la protection des données culturelles sensibles, et le risque d’exploitation commerciale non éthique des biens culturels africains. Il s’agira de réfléchir aux moyens d’établir des cadres juridiques respectueux des cultures et des savoirs locaux tout en encourageant l’innovation.
Modalités de participation Les communications porteront sur l’un des axes de réflexion proposés ci-dessus et veilleront à s'inscrire dans l'objectif principal du colloque (15min de présentation). La langue officielle des communications est le français. Les précisions complémentaires seront communiquées ultérieurement à tous les participants au colloque.
Conformément aux axes ci-dessus indiqués, les personnes intéressées sont encouragées à participer à cet événement scientifique en proposant un résumé d'une page environ, comprenant l’axe thématique choisi, l’intitulé de la contribution ; le.s. nom.s. et prénom.s. de l’auteur ou des auteurs (institution d’attache, adresse électronique), un résumé de 300 mots au maximum et de cinq (05) mots-clés au plus. Le texte du résumé sera au format Office Word en police Times New Roman, de taille 12 (il mettra bien en évidence le problème, les objectifs, la méthodologie et les résultats). Le nom du fichier du résumé devra respecter la syntaxe suivante : NOM_résumé.doc
Conformément aux axes ci-dessus indiqués, les personnes intéressées sont encouragées à participer à cet événement scientifique en proposant des posters. Pour les besoins logistiques, ils devront impérativement être transmis au comité d’organisation dans le respect des délais fixés par le calendrier susmentionné. Le nom du fichier du poster devra respecter la syntaxe suivante : NOM_Poster.
En vertu des négociations actuellement en cours avec la maison d’édition Peter Lang, les normes éditoriales à respecter pour la rédaction des contributions finales en vue de leur publication dans l’ouvrage collectif prévu au terme de ce colloque scientifique sont celles de l’éditeur. Elles sont disponibles ici.
- 13 Décembre 2024 : annonce du colloque ; - 31 Janvier 2025 : date limite de soumission des propositions d’interventions et de posters ; - 04 Avril 2025 : notification de la décision du comité scientifique ; - 16 Mai 2025 : date limite de l’envoi des articles et confirmation de participation ; - 18-20 Juin 2025 : Tenue du colloque.
Les frais de participation sont répartis selon les catégories suivantes : - étudiants, doctorants : 25 € - Enseignants-chercheurs, professionnels du patrimoine : 50 € - Institutions diverses et autres structures : 150€. Les paiements des frais de participation se feront via Paypal.
NB: Les participants internationaux sont fortement invités à solliciter le soutien de partenaires en vue d’effectuer leur voyage vers la Tunisie (billet d’avion + frais de séjour) en vue de leur participation à cet important événement.
Pour toute question relative à ce colloque, merci de nous écrire à patrimundus@gmail.com. |
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